Nos actions
Depuis sa création en 2006, TRACES-rci a effectué de nombreuses missions en France et à l’étranger auprès de défenseurs des droits de l’Homme.
L’équipe a également mené des dizaines d’actions de soutien et de sensibilisation à l’intention des professionnels.
Les thérapeutes ont accueilli en consultation chaque année plusieurs centaines de mères originaires d’une dizaine de pays : Afghanistan, Bangladesh, Cameroun, Colombie, Congo, Côte d’Ivoire, Erythrée, Ethiopie, Gambie, Géorgie, Guinée, Koweit, Mali, Niger, Pakistan, RDC, Somalie, Soudan, Syrie.
Atelier thérapeutique pour enfants
Groupe thérapeutique, créé en 2025, pour 6 à 8 enfants de 5 à 9 ans, soit directement victimes de violences traumatiques, soit victimes de traumas secondaires dûs à ce que leurs parents ont traversé. Un conte sert de point d’entrée à différents modes d’expressions ( dessins, pâte à modeler, jeux, récits).
Groupe mères-bébés
Ce groupe a été lancé en 2024 et s’adresse à des mères avec enfants de 0 à 3 ans. Il est constitué autour de l’expérience souvent douloureuse et solitaire de la grossesse, de l’accouchement, et de la maternité. L’objectif est d’offrir un espace où la parole puisse être entendue et respectée. Exprimée dans la langue maternelle des participantes, l’évocation de leurs parcours est le fil conducteur d’une dynamique d’échange et de partage.
Procès de Roger LUMBALA (RDC)
En 2022, Soutien des victimes lors de l’instruction pour le procès de Roger LUMBALA (RDC) pour des crimes commis durant l’opération « Effacer le tableau » en 2002 , puis en 2025 accompagnement psychologique des victimes survivantes lors du procès à Paris.
Soutien psychologique des Défenseurs des Droits Humains du CENIDH (Nicaragua)
En décembre 2018, l’Assemblée nationale nicaraguayenne a arbitrairement privé l’ONG de sa personnalité juridique et perquisitionné son siège et ses actifs. C’est dans ce contexte d’insécurité que le programme de « Soutien psychologique des Défenseurs des Droits Humains du CENIDH » a été mis en place par la FIDH et TRACES rci en 2021. Celui-ci avait la particularité de se faire en espagnol, par Visio-conférence et avec des défenseurs qui étaient à Managua.
Soutien de l’équipe du MOUVEMENT SOCIAL Libanais (Beyrouth et Paris)
Organisée, au Liban et en France sur deux sujets:
D’une part les effets traumatiques sur les professionnels dans prise en charge de victimes, et de l’autre, la prise en charge thérapeutique de mère, père, et enfants , la dissolution des liens familiaux ainsi que les effets sur les institutions qui les accompagnent.
Soutien des défenseurs des Droits de l’Homme de l’Association « Tournons la Page » ( Secours Catholique)
De 2018 à 2020, lors de leurs réunions en Europe (Bruxelles, Paris), soutien psychologique de ces défenseurs des droits de l’homme venus d’Afrique Centrale et d’Afrique de l’Ouest, au cours de groupes de parole et d’entretiens individuels. Rédaction d’une brochure sur le trauma et les effets de la violence politique à l’intention des défenseurs locaux.
Afrique de l’Ouest
Un bureau de vote en RDC, lors des présidentielles de 2006. © Martine Perret/ONU.
Lancement en 2019 d’un projet-pilote en direction de défenseurs des droits de l’Homme originaires de huit pays d’Afrique francophone (Burundi, Cameroun, Congo Brazzaville, Côte d’Ivoire, Gabon, Niger, RDC, Tchad). Cette action est menée avec le Secours Catholique («Tournons la page») et l’AEDH (Agir ensemble pour les droits de l’Homme).
Journée «Santé migrants» (Paris)
Organisée à Paris par le Samu social de Paris et la Fédération des acteurs de la solidarité en 2019. L’association est intervenue sur les thèmes “Santé maternelle et infantile” et “Interprétariat – Médiation en santé”.
ESPE – Ecole supérieure du professorat et de l’éducation (Paris)
Intervention auprès des futurs enseignants et psychologues scolaires en 2019. Objectifs : approfondir la réflexion sur les effets psychiques de la violence politique dans les contextes de guerre, de persécutions et lors des parcours migratoires traumatiques; comprendre leur impact sur l’individu, les liens familiaux et l’apprentissage scolaire.
Lancement du programme « Humanisation des soins »
Ce programme comporte un volet « Sensibilisation sur les effets traumatiques de la guerre, la violence politique et les parcours migratoires traumatiques » et un volet « Groupes de paroles ». Il s’agit d’aider les professionnels de l’accueil, du soin ou de l’accompagnement social des migrants à réfléchir à l’impact de leur activité, aux plans professionnel et personnel. Financé par la Fondation de France et l’ARS (Agence régionale de santé) – Ile de France. 2018
Soutien de défenseurs (Irak)
Des femmes yézidies à Sheikhan, (Irak), février 2019. © Safin Hamed/AFP.
Soutien de défenseurs des droits de l’Homme syriens et yezidis venus témoigner à Paris devant le Pôle Crimes contre l’humanité-crimes et délits de guerre en 2018. Cette action a été menée en partenariat avec la FIDH (Fédération internationale des droits de l’Homme).
Pôle santé du CHUM d’Ivry
L’école du Centre d’hébergement d’urgence des migrants d’Ivry-sur-Seine (Val de Marne). ©DR
En 2017 l’association ouvre deux consultations « Mères et enfants exilés » en partenariat avec Pédiatres du Monde, Gynécologues sans frontières, PMI de Paris, les CASNAV (Education Nationale), l’équipe mobile psychiatrie-précarité de l’hôpital Sainte-Anne, Emmaus solidarité et le Samusocial de Paris.
Institut Supérieur de la Magistrature de Rabat (Maroc)
Des membres de l’association ont dispensé une formation sur « Les Fondamentaux – l’enquête et les effets traumatiques » à destination des magistrats composant la Cour pénale spéciale de Centrafrique. Coordonnée par l’Ecole Nationale de la Magistrature, cette formation a été menée en partenariat en 2017 avec la Cour Pénale Internationale et la MINUSCA (Nations Unies).
Mission à Vilnius (Lituanie)
Manifestation de l’opposition à Kiev en février 2014. © Piero Quaranta/AFP.
TRACES-rci réunit dans une formation des psychothérapeutes de Lituanie, Ukraine, Bélarus et Géorgie engagés dans le soutien d’opposants persécutés. Menées dans le contexte de la crise ukrainienne, les rencontres se poursuivent depuis 2017 avec ces praticiens au travers d’entretiens individuels. Action en partenariat avec la FIDH (Fédération internationale des droits de l’Homme).
2016. Kharkiv (Ukraine)
Intervention lors de l’atelier organisé par la Fédération internationale des droits de l’Homme sur le thème : « Documentation of violations of international humanitarian and human rights law ».
2015. Attentats parisiens (Bataclan)
Soutien de victimes du terrorisme, à la demande de la DASES (Direction de l’action sociale, de l’enfance et de la santé) de Paris.
2015. Pôle Crimes contre l’humanité, Ministère de la Justice (Paris)
Intervention sur le thème : « Témoigner : les effets lors des procès des victimes de torture et de violence politique ».
2014. Mission à Vilnius (Lituanie)
À la demande de la FIDH qui a réuni des membres d’associations des droits de l’Homme bélarusses, l’association a proposé un atelier de sensibilisation en trois séances sur le thème : « Accueil et accompagnement des victimes de violence politique en Bélarus » ainsi que des moments d’écoute individuelle.
2014. Appel des soignants
« Appel des soignants contre l’internement et le traitement psychiatrique forcé d’un opposant en Russie », lancé à l’initiative de TRACES-rci et Amnesty International France.
2012. Lancement du programme «Mères et enfants»
L’association s’engage dans l’aide aux femmes isolées avec leurs enfants au terme d’un parcours de violence. L’assocation soutiendra également les personnels confrontés à ces exilés dont les liens familiaux sont disloqués. Voir ce programme
2012. Rescapés du massacre de Conakry (Guinée)
28 septembre 2009. Répression du rassemblement de l’opposition dans le stade de Conakry (Guinée). © Seylou/AFP.
TRACES-rci se rend à Conakry pour former des avocats, des juristes et des ONG locales aux enjeux psychologiques de l’accueil des rescapés du massacre perpétré par la junte guinéenne trois ans auparavant. En partenariat avec la FIDH.
2011. Le procès des Khmers Rouges (Cambodge)
Musée du génocide perpetré par les Khmers Rouges, Phnom Penh (Cambodge). © Mark Garten/ONU.
Nous avons accompagné à Phnom-Penh des victimes réfugiées en France qui sont retournés pour la première fois dans leur pays afin de témoigner des crimes du régime de Pol Pot et des Khmers Rouges devant la ECC (Extraordinary Chambers in the Court of Cambogia). Cette action est menée en partenariat avec la FIDH, partie civile de ce procés.
2010. Le procès Pinochet (Paris)
Les quatre franco-Chiliens assassinés sous la dictature de Pinochet. © DR
Action menée dans le cadre du procès, à Paris, des quatre opposants franco-chiliens disparus sous Pinochet dans les années 70. L’association accueille des proches des victimes et les accompagne psychologiquement avant, pendant, et après cette épreuve redoutable de remémoration de leurs angoisses et de leurs deuils. En partenariat avec la FIDH.
2009. Projet école primaire à Tulle (Corrèze)
Tulle, 2009. © DR/TRACES-rci
Action de sensibilisation à l’impact des images de violence. L’objectif de ce projet, mené sur une année scolaire avec les enseignants, leurs élèves de CM1 et CM2, et les parents, est de faire prendre conscience du lien entre violence ordinaire et violence politique. En partenariat avec Amnesty International.
2007-2008. Cour pénale internationale de La Haye (Pays-Bas)
En préparation à l’ouverture du premier procès de cette nouvelle instance, l’équipe conduit une mission de sensibilisation aux troubles post-traumatiques auprès des juristes de la CPI. Cette action inaugure notre programme « Défenseurs des droits de l’Homme » qui aura le soutien d’Amnesty International et de la FIDH.
« Les réactions des enfants au trauma peuvent prendre de multiples formes : régression, colères, mutisme, agressivité, etc… Mais ces symptômes ne sont pas toujours reliés au vécu traumatique de l’enfant par les parents et l’entourage, et leur souffrance est ignorée. Les enfants peuvent aussi se taire afin de protéger leurs parents déprimés ou angoissés. A l’inverse, ils peuvent les questionner sempiternellement. Tous ces comportements signent l’existence d’un noyau traumatique, mais le recours à une activité médiatrice est souvent nécessaire pour permettre à ces enfants de l’aborder directement. Dans nos groupes pour les enfants, organisés en deux temps, le conte est une occasion de libérer la parole ou de traduire par le dessin des sentiments, des émotions et, progressivement, élaborer les éléments traumatiques. »
Sylviane Matheron
« Les publics ont changé depuis les années 2000. Dans les années 80, je recevais beaucoup de demandeurs d’asile sud-américains. Ces militants persécutés par les juntes, venus se réfugier en France, étaient sensibles aux bénéfices potentiels de la psychanalyse. Aujourd’hui, il s’agit souvent d’aider des personnes fuyant les guerres, qui ne font parfois que passer en France, et qui n’ont généralement pas idée de la fonction d’un psychothérapeute. On ne peut pas les engager dans des thérapies longues. Mais on leur ouvre des espaces de parole, ce qui est déjà important. »
Juan Boggino
« Les familles qui nous sont adressées ont dû fuir leur pays ; aux violences politiques ou communautaires qui les ont contraintes à partir sont venues s’ajouter les souffrances d’un parcours migratoire de plus en plus long et difficile. Souvent ils ont dû se taire pour se protéger et protéger leur famille. Les enfants sont parfois agités, inquiets, tristes : ils interrogent à leur manière ce qui est venu bouleverser leur vie d’enfant. Accueillir la parole de chacun les aide à surmonter ce qu’ils ont traversé et à renouer avec une vie apaisée. »
Ghislaine Capogna Bardet
« La plupart des personnes que nous recevons présentent des troubles du sommeil, une dépression, et souffrent d’une douleur morale intense. Elles sont souvent dans des situations administratives extrêmement précaires, errant entre préfecture et intervenants sociaux. La peur d’un ‘renvoi’ parasite leur pensée et rend parfois laborieux le travail thérapeutique. »
Fatiha Ayoujil
« Nous sommes confrontés à des situations cliniques très variées qui demandent beaucoup d’adaptabilité et parfois d’inventivité. Et nous soutenons le paradoxe : le trauma ne peut se dire mais nous proposons d’en parler afin que, pris dans une nouvelle narration et dans la relation à l’autre, les effets en soient réduits. »
Sylvie Dechanciaux