Nos actions
Depuis sa création en 2006, TRACES-rci a effectué de nombreuses missions en France et à l’étranger auprès de défenseurs des droits de l’Homme.
L’équipe a également mené des dizaines d’actions de soutien et de sensibilisation à l’intention des professionnels.
Les thérapeutes ont accueilli en consultation chaque année plusieurs centaines de mères originaires d’une dizaine de pays : Afghanistan, Bangladesh, Cameroun, Colombie, Congo, Côte d’Ivoire, Erythrée, Ethiopie, Gambie, Géorgie, Guinée, Koweit, Mali, Niger, Pakistan, RDC, Somalie, Soudan, Syrie.
2007. Cour pénale internationale de La Haye (Pays-Bas)
Intervention lors d’un séminaire de la FIDH sur « Les effets psychiques des violences sexuelles » à l’intention des acteurs de l’aide aux victimes.
« Les réactions des enfants au trauma peuvent prendre de multiples formes : régression, colères, mutisme, agressivité, etc… Mais ces symptômes ne sont pas toujours reliés au vécu traumatique de l’enfant par les parents et l’entourage, et leur souffrance est ignorée. Les enfants peuvent aussi se taire afin de protéger leurs parents déprimés ou angoissés. A l’inverse, ils peuvent les questionner sempiternellement. Tous ces comportements signent l’existence d’un noyau traumatique, mais le recours à une activité médiatrice est souvent nécessaire pour permettre à ces enfants de l’aborder directement. Dans nos groupes pour les enfants, organisés en deux temps, le conte est une occasion de libérer la parole ou de traduire par le dessin des sentiments, des émotions et, progressivement, élaborer les éléments traumatiques. »
Sylviane Matheron
« Les publics ont changé depuis les années 2000. Dans les années 80, je recevais beaucoup de demandeurs d’asile sud-américains. Ces militants persécutés par les juntes, venus se réfugier en France, étaient sensibles aux bénéfices potentiels de la psychanalyse. Aujourd’hui, il s’agit souvent d’aider des personnes fuyant les guerres, qui ne font parfois que passer en France, et qui n’ont généralement pas idée de la fonction d’un psychothérapeute. On ne peut pas les engager dans des thérapies longues. Mais on leur ouvre des espaces de parole, ce qui est déjà important. »
Juan Boggino
« Les familles qui nous sont adressées ont dû fuir leur pays ; aux violences politiques ou communautaires qui les ont contraintes à partir sont venues s’ajouter les souffrances d’un parcours migratoire de plus en plus long et difficile. Souvent ils ont dû se taire pour se protéger et protéger leur famille. Les enfants sont parfois agités, inquiets, tristes : ils interrogent à leur manière ce qui est venu bouleverser leur vie d’enfant. Accueillir la parole de chacun les aide à surmonter ce qu’ils ont traversé et à renouer avec une vie apaisée. »
Ghislaine Capogna Bardet
« La plupart des personnes que nous recevons présentent des troubles du sommeil, une dépression, et souffrent d’une douleur morale intense. Elles sont souvent dans des situations administratives extrêmement précaires, errant entre préfecture et intervenants sociaux. La peur d’un ‘renvoi’ parasite leur pensée et rend parfois laborieux le travail thérapeutique. »
Fatiha Ayoujil
« Nous sommes confrontés à des situations cliniques très variées qui demandent beaucoup d’adaptabilité et parfois d’inventivité. Et nous soutenons le paradoxe : le trauma ne peut se dire mais nous proposons d’en parler afin que, pris dans une nouvelle narration et dans la relation à l’autre, les effets en soient réduits. »
Sylvie Dechanciaux